Union pour la Démocratie et le Progrès de Guinée
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De la nécessite de l'engagement historique de la nouvelle génération guinéenne dans la vie politique de notre pays

11 décembre 2011
La nouvelle génération guinéenne, entendez celle née après les indépendances, a l'obligation historique de s'engager objectivement dans la vie politique de notre pays, et s'affirmer avec courage dans les autres domaines de la vie économique, sociale et culturelle de la Guinée.
S'il est à saluer la présence actuelle de la nouvelle génération dans de nombreux domaines de la vie de notre pays, notamment économique, sociale et culturelle, mais aussi dans l'actuelle administration guinéenne, dans nos institutions Républicaines, l'armée et les professions libérales, dans les projets de développement et au sein des institutions et organisations internationales, force est de constater que cette présence active qui est fondamentale pour la Guinée, n'est en revanche point suffisante.

En effet, pour que la participation de la nouvelle génération soit suffisante, il lui faudrait d'abord s'affirmer dans les domaines de ses activités pour lesquelles, sa présence, sa détermination et ses compétences sont désormais reconnues et  respectées.

S'affirmer, c'est incarner le domaine général ou particulier d'une activité donnée de la vie de notre Nation.

Je sais qu'il existe de nos jours, des centaines, voire des milliers d'individus de notre génération qui exercent des activités dans de nombreux domaines et sont  en conséquence pris comme éléments de référence dans notre pays.

Qu'attendons-nous  pour nous affirmer et incarner un véritable leadership dans les divers domaines de notre compétence?

Voici maintenant, à mon avis, un autre domaine d'activité pour lequel, la nouvelle génération semble prendre du temps avant de l'intégrer, alors qu'elle en a été le véritable artisan. Ce domaine est celui de la politique.

J'ose pourtant affirmer ici  que la démocratie contemporaine africaine, s'est illustrée sur le continent dans les années 1990 de plusieurs manières et selon les pays.

En effet, pour certains pays africains, la naissance des mouvements démocratiques a été l'émanation de certaines personnalités qui s'opposaient et combattaient officiellement leurs régimes politiques, avec des structures légales ou opérant dans la clandestinité de manière permanentes et actives, cela, bien avant la vague de l'émancipation démocratique de notre continent, en particulier, l'Afrique noire dans les années 1990.  C'est le cas du Sénégal, du Cameroun,  de la République Démocratique du Congo (RDC), pour ne citer que ceux-là comme exemple.

Nous retiendrons aussi dans d'autres pays du continent, une volonté affichée de certains militaires d'instaurer un régime démocratique dans leurs pays. C'est le cas du Ghana.

Force est de reconnaître, qu'au-delà de ces deux exemples, la majorité des pays africains ne sont entrés dans l'ère de la démocratie, que sur la volonté et la détermination de leurs jeunesses qui voulaient en découdre avec les régimes militaires ou encore ceux des régimes à partis uniques ou dominants. C'est le cas de la Guinée, qui s'est engagée dans la démocratie et le multipartisme intégral.

En effet, c'est en octobre 1989 que la jeunesse guinéenne, à travers ses étudiants qui réclamaient de meilleures conditions de vie et d'études au régime militaire,  en a  profité pour exiger au fameux comité militaire de redressement national (CMRN), l'ouverture de notre pays à la démocratie et au multipartisme intégral. A cette époque, aucun leader politique vivant en  Guinée ou à l'étranger,   ne s'était manifesté contre les dérives totalitaires du régime militaire guinéen, encore moins pour réclamer une société démocratique, fondée sur l’État de Droits et le besoin d'un développement économique et social. Ces faits relèvent de l'histoire récente de la Guinée, ils sont connus et  sont vérifiables.

Ceux qui veulent falsifier l'histoire et attribuer  le statut d'opposant historique à Messieurs Bâ Mamadou, Siradiou Diallo ou Alpha Condé, le font par simple méconnaissance de l'origine  du combat politique qui a fait basculer notre pays dans le processus démocratique contemporain.

Cela étant dit, je reconnais la grande contribution de nos doyens dans la mise en œuvre du processus démocratique dans notre pays. Celle-ci fut  par la suite remarquable, voire louable. 

Les véritables dissidents historiques et artisans de la démocratie en Guinée, ne sont autres que les jeunes de notre pays. Ceci est pour l'histoire, en attendant bien sûr que nos historiens se penchent véritablement sur cet important sujet de société pour le bien du peuple de guinée.

C'est pratiquement pour cette raison, que je lance un appel à ma génération, pour rappeler qu'il est temps pour notre pays que la relève se manifeste et entre en action par la voie légale et démocratique.

Nous ne devons pas avoir peur de nous engager dans la vie politique de notre pays. Un homme qui a peur est un homme faible. Un être faible est un danger pour sa famille, pour son village et pour son pays. Si nous sommes faibles, nous serons traités comme des enfants, des irresponsables, des incapables.

C'est ce qui a toujours déterminé notre statut auprès de nos doyens. Ils nous ont toujours fait peur pour mieux nous exclure du système. En guinée, les doyens qui ont des privilèges et des relations ne partent presque jamais à la retraite.

Pourtant, depuis 1958 , l'année à laquelle nos doyens ont commencé à gérer dans l'indépendance notre pays, celui-ci n'est encore ni démocratisé, ni développé. Cet échec est dû, à mon humble avis, à un manque réel de courage politique.

La vie peut nous apprendre beaucoup de choses, excepté le courage. Il en faudra encore plus de courage à notre génération, pour faire face aux défis politiques actuels de notre pays.

Il n'y a qu'un seul moyen de consolider une démocratie, c'est d'agir en démocrate. Les défis actuels de la Guinée sont politiques et leurs solutions qui relèvent du pragmatisme des visions du 21ième siècle, interpellent notre génération et l'exige d'entrer en action dans le domaine politique,  en militant dans des structures politiques  qui reflètent, pour chacun, ses idéaux de société ou en créant celle que chacun estime incarner au mieux la démocratie et le processus du développement économique et social de notre pays.

La Guinée doit surmonter cette difficile épreuve politique. Mais elle ne peut la surmonter de manière efficace  que si notre génération accepte de prendre toute sa responsabilité dans l'épreuve.

Vous conviendrez tous avec moi, que la situation politique de notre pays depuis l'indépendance, atteste que le moment de la renaissance politique est arrivé en Guinée. Notre génération, dans son ensemble, est aujourd'hui interpellée par les défis sociaux majeurs de notre époque et par l'histoire politique générale de notre pays.

L'Union pour la Démocratie et la Progrès de la Guinée (UDPG)

Madame Aïssatou TOURE

Responsable de la fédération des femmes de l'UDPG en Europe occidentale.
Membre du Bureau Politique National